[Cinéma] Inferno

Une vilaine blessure au crâne, le professeur Robert Langdon (Tom Hanks) à la mémoire qui flanche, ne sachant plus très bien les raisons qui l’ont conduit à être admis à l’hôpital de Florence. Une amnésie qui lui revient en pleine figure lorsque une officier de police tente de l’assassiner sur son lit de souffrance. Heureusement, il peut compter sur l’assistance d’une brave infirmière (Felicity Jones) bien opportunément admiratrice des travaux du symbologue. Ensemble, ils découvriront la nature du complot à l’œuvre ainsi que les ambitions génocidaires de Bertrand Zobrist (Ben Foster), riche homme d’affaire américain souhaitant purger la planète d’une partie de sa population en inoculant une nouvelle peste.

À Ron Howard ensuite de réinventer sa formule du barbiturique dont il consacra l’efficacité dix ans plus tôt avec la première adaptation cinéma du roman phénomène de Dan Brown, Da Vinci Code, en nous entrainant sur un nouveau jeu de piste crépusculaire autour, cette fois, du vortex infernal créé par Dante et de sa représentation peinte par Sandro Botticelli. L’occasion pour le réalisateur d’édifier de tétanisantes visions apocalyptiques nées de la confusion mentale régnant dans l’esprit du héros. C’est d’ailleurs là l’une des rares marques de grandeur dont est porteuse cette divine comédie où le grotesque se dispute à l’ennui sans parvenir à renouer avec cette folle escalade jadis proposée avec Anges & Démons. Il faudra donc attendre le final, particulièrement haletant, pour qu’enfin le récit sorte de cette terrible inertie dramatique.

Néanmoins, il affleure une confrontation philosophique sur le fatalisme de la marche de l’humanité certes bien trop discrète pour se faire clairement entendre, mais au fond passionnante. Ainsi, face au plan machiavélique échafaudé par Zobrist qui, ne se résignant pas à la fin du monde et de l’espèce, tente d’organiser sa survie en causant la mort, émerge la relation inattendue entre Langdon et Sinskey (Sidse Babett Knudsen), ressuscitant une chose disparue dont chacun acceptent qu’elle le demeure à tout jamais. Là réside sans doute le cœur de ce divertissement sans âme.

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27 commentaires

  1. Dans l’ensemble, un divertissement sympathique (mais effectivement sans âme, pas un truc de ouf) dans la continuité des autres volets de la saga. Ca aurait pu être mieux, plus creusé, mais honnêtement, en sachant ce que j’allais voir, je n’en demandais pas particulièrement plus.

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  2. Pas de temps à consacrer de mon côté pour les « divertissements sans âme », d’autant plus que j’ai fait l’impasse sur les deux volets précédents et que le premier roman m’est tombé des mains passé les trente premières pages. Merci en tous cas pour cet avis plus lumineux qu’illuminé.

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  3. Je déteste Da Vinci code (certainement le pire anniversaire vécu, en plus d’être mon premier -12 avec l’âge requis), Anges et démons aussi (moins mais le film était ultra prévisible et ses effets spéciaux d’un autre temps). De plus je n’arrive pas à me passionner pour les aventures de ce personnage, finalement bien trop lisse pour convaincre (et ce malgré tout l’amour que j’ai pour un acteur comme Tom Hanks). Comme le précédent (vu à la télé), je ne me déplacerais pas pour cet Inferno et préfère me consoler avec celui d’Argento. 😉

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  4. Argento… pouah… je trouve ça kitchissime, je n’arrive pas à m’y faire. Je ne comprends absolument pas le culte voué à ce réalisateur. Pour en revenir à Inferno, j’ai adoré le bouquin, alors malgré les critiques, j’ai bien envie de voir le film…

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    • Hors contexte, le score proposé par Hans Zimmer est indigeste, à des années lumières de Da Vinci Code et Angels & Demons. Cependant, les images sur lesquelles il s’appuie constituent un solide plaidoyer, permettant de comprendre les choix effectués par le compositeur.

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  5. Ron Howard n’a jamais valu que pour sa fille, dont les choix de films sont certes parfois discutables, mais quelle que soit la daube (ce n’est pas toujours le cas), la belle rousse m’a toujours devant l’écran laissé pantois…

    Sinon, Dan Brown veut brasser et lier des cultures de contextes et d’époques différents, je n’oserai pas dire ici « proposer une culture de bazar », et finalement séduire par des œuvres clins d’œil aussitôt jetées dans la boue d’une symbolique bon marché. Quant aux films, ces courses à l’ésotérique tourisme m’avaient épuisé d’ennuie dès le premier épisode. Je note cependant l’intérêt à accorder au second volet valorisé par la nullité des autres…

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    • Cruel sentence pour le cinéma de Ron Howard auquel tu ne sembles vouer aucune passion. Pourtant, outre sa « sainte » fille, il possède de jolis atouts dans sa manche (Rush, Horizons Lointains, Backdraft).
      Concernant Dan Brown, je ne me suis jamais aventuré à lire ses romans même si, à te lire, ils semblent avoir toutes leurs places dans mes colonnes.

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  6. Pas vu Rush ni Backdraft (à ce que je me souvienne).
    Il y a longtemps que j’ai vu Horizons lointains, mais un peu trop mielleux non ? Il me semblait que le film se contentait d’une romance autour du minois de Brad Pitt.

    Je n’ai pas toute la filmo dudit Howard en tête, mais outre sa fille, je lui suis très reconnaissant (à lui ou au producteur) pour Willow !
    (Tu en trouveras mes louanges consacrées ici http://www.kinopitheque.net/willow/ !!!!!!!!!!! )

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