[Cinéma] Doctor Strange

Notre Doctor est-il vraiment aussi Strange que le prétend son patronyme ? Arrogant et mélomane, ce neurochirurgien, une pointure dans son domaine, s’inscrit dans la même veine que feu Dr. House – ou de l’indéboulonnable Tony Stark, pour rester dans l’univers Marvel. À ceci près que Stephen Strange, loin de partager la misanthropie de son confère éclopé, prend plutôt plaisir à briller en société, menant grand train dans un loft avec vue sur les artères new-yorkaises et filant comme l’éclair à bord d’une rutilante Lamborghini. À cette allure, il n’est pas étonnant de voir poindre la sortie de route. Désormais cloué sur un lit à l’hôpital, dépourvu de toute dextérité, Strange dilapide sa fortune en des opérations chirurgicales d’avant garde inefficaces, et gonfle son ego d’aigreur qu’il adresse à un corps médical ne parvenant pas à se hisser à la cheville de son talent. Finalement, il a ouï-dire par un miraculé que la rémission se situerai loin des blocs opératoires, quelque part au Népal. De bonne foi, le toubib embarque pour Katmandou, où il y fait la rencontre de l’Ancien qui, loin d’être hindou (ou plutôt une douce), lui ouvre grand les chakras en faisant entrevoir les multiples dimensions qu’abrite l’univers ainsi que le pouvoir illimité de l’esprit humain. Convaincu par cette brève aventure intérieure, notre docteur rejoint l’académie des Arts Mystiques dont l’équilibre se trouve menacé par Kaecilius, ancien disciple corrompu par la dimension noire.

Tilda Swinton en doyenne du kung-fu est sans nul doute l’élément le plus étrange de ce trip auquel nous convie Marvel. Pour bâtir l’architecture visuelle de son film, Scott Derrickson, auteur de Sinister et de quelques horreurs (Le Jour où la Terre s’arrêta, Délivre-nous du mal), pioche dans Inception, empruntant l’escalier de Penrose afin de réinventer un espace de combat fantasmagorique. Le réalisateur pousse ainsi d’un cran le curseur du surréalisme, tord les perspectives et kaléidoscope le réel pour donner une nouvelle dimension au spectacle. La réussite incontestable de ces chorégraphies pluridimensionnelles n’occulte cependant pas le caractère unidimensionnel de l’intrigue et des personnages, mêmes campés par des ténors du Septième Arts. À l’image de ses prédécesseurs, Doctor Strange se heurte donc à la narration sclérosée de celle que l’on appelait « La Maison des idées », moins préoccupée à raconter de bonnes histoires qu’à déplier à l’infini son univers super-héroïque.

14 commentaires

  1. Comme toi, je retiens davantage le visuel urbain psyché que le récit de ce nouveau super-héros arrivant et postulant déjà pour sa propre franchise.

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  2. Je connais pas grand chose à Marvel, je ne peux pas parler de déception : je n’en attendais rien. Pour ma part, visuellement (même si ça m’a épuisée), j’ai trouvé l’ensemble cool, le film se laisse regarder mais bon c’est pas non plus dingue…

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  3. Je ne suis pas déçu. Si le récit n’est pas nouveau, cela reste divertissant. Surtout nous n’avons pas droit à 100000 allusions au mcu, pratique qui commence à m’agacer car ne mène à rien de concret. Ce n’est que du teasing pour le teasing. Sinon le film est le plus beau visuellement depuis Les gardiens de la galaxie. Comme quoi Marvel est capable de signer quelque chose qui sort du blockbuster uniformisé. De quoi faire oublier la péteuse guerre civile.

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      • Ouais enfin quand tu vois l’ambition réelle de Civil War on rigole un bon coup! 🙂 A part un mec qui pleurniche sur un truc que tout le monde sait… 😉 J’attends pas mal le second volume des Gardiens mais un peu de mal à m’extasier pour les deux autres Marvel à venir.

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  4. Le psychédélire aide à avaler la pilule d’un scénar ultra-basique, qui parvient quand même à nous tenir comme chacun de ces films qui nous présentent un nouvel initié. J’ai un peu peur de la suite néanmoins, les tours de passe-passe associés aux prouesses des Avengers réunis, ça risque de tourner à une fiesta écœurante des effets spéciaux.

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  5. Oh la la… qu’est ce que j’en ai marre de ces films Marvel ! Ce n’est que délire visuel et castagne, je n’en peux plus. Il n’y avait guère que les X-Men que j’aimais bien. Hier soir j’ai vu le dernier : Apocalypse. Oups. Ils sont devenus comme les autres, avalanche de personnages, scénar à la fois bidon et hyper compliqué, castagne et badaboum…

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