[Musique] The Circle

Après The Girl on the train, Danny Elfman s’inscrit une nouvelle fois dans le périmètre du sound design avec The Circle, techno-thriller adapté d’un roman de Dave Eggers dans lequel une jeune diplômée (Emma Watson) est engagée par le géant du web Eamon Bailey (Tom Hanks) rêvant de bousculer les frontières des libertés individuelles. Le compositeur pousse même ici un plus loin le curseur par l’utilisation (quasi) exclusive de textures électroniques.

Pour bâtir ce paysage sonore, Elfman semble avoir étudié le répertoire de Cliff Martinez, Brian Reitzell (réactivant au passage le souvenir du sympathique Watch Dogs), du couple Trent Reznor/Atticus Ross, mais aussi et surtout la partition écrite par le talentueux Daniel Pemberton pour le biopic sur Steve Jobs réalisé par Danny Boyle, lui empruntant par la même occasion quelques textures ; emprunt assez flagrant sur Into A Circle. Pour autant, Elfman ne cherche pas à en reproduire le subtile équilibre entre électronique et acoustique, The Circle étant construit de sons d’origine électronique et de voix humaines digitalisées. Une matière musicale abstraite que le compositeur dirige d’une main de métronome, l’atmosphère ouatée et bienveillante introduite par les premières pistes se fissurant lentement pour y laisser pénétrer le trouble et le malaise. Par ailleurs, la chanson Simple Gifts interprétée par Jónsi, et ses airs de comptine faussement rassurante (elle est en réalité une chanson protestante jouée dans les bals et dont les paroles délivrent les instructions permettant la bonne exécution de la danse par les fidèles) s’insère merveilleusement dans cette troublante féerie digitale.

Plus enthousiasmant que sa rencontre ténébreuse et discrètement soporifique avec La Fille du train, The Circle n’en restera pas moins difficilement accessible aux personnes hostiles au sound design ou peu familières à cette forme d’expression musicale. À réserver aux amateurs du genre, donc.

2 commentaires

  1. Il faudra que j’écoute le score de Pemberton pour voir la comparaison, mais il est vrai que quand Elfman explore le côté plus électro, cela donne un rendu intéressant, pendant le visionnage je dois avouer que l’écoute de ces texture ont été agréables.

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