[Cinéma] Spider-man homecoming

Polysémique, le terme « homecoming », référence à ces traditionnelles sauteries estudiantines chères aux jeunes américains, peut également s’entendre comme la célébration d’un retour chez soi. Et Spider-man, qui a musardé quelque temps loin de l’empire Disney/Marvel (se souvenir de The Amazing Spider-man… et en oublier sa suite), de retourner au bercail à l’occasion d’une apparition remarquée – à défaut d’être remarquable – au cours d’une Civil War mal ficelée. Un caméo qui annonçait l’avènement de ce Spider-man Homecoming.

Ce nouvel homme-araignée incarné par l’aimable Tom Holland prend d’emblée ses distances avec les versions de Sam Raimi et Marc Webb en se défaisant de sa naissance traumatique ainsi que de la difficile domestication d’un corps adolescent en mutation. Spidey s’est ici déjà fait un nom dans le petit microcosme urbain au sein duquel il évolue, employant ses temps libres à vibrionner d’immeuble en immeuble, ferrant les voleurs de bicyclette et aidant les vieilles femmes désorientées. Quant à Peter Parker, son profil d’étudiant asocial n’est plus qu’un lointain souvenir, menant désormais une existence scolaire apaisée. Cette économie narrative bienvenue pour les fans de la première heure permet donc aux scénaristes d’expérimenter un nouveau maillage pour la marque Marvel, croisant la matière du film de super-héros aux fibres légères du teen-movie.

Ainsi, comme tout organisme prépubère normalement constitué, notre héros, devant relever sur le ton de la comédie les menus défis posés par l’adolescence, souhaite prendre son envol et jouer dans la cour des grands aux côtés de ses potes Avengers, quitte à courir au devant de grands dangers. Et justement, v’la qu’un dangereux rapace rode en ville, un Vautour, patron d’une entreprise de travaux publics, qui se remplume sur le dos de la Stark Industries, dérobant des technologies extra-terrestres lui permettant de manufacturer et vendre sous le manteau des armes d’un nouveau type. Voilà donc cette tête de toile déterminée à voler dans les plumes de ce Birdman confié à un Michael Keaton délicieusement inquiétant.

Malheureusement, dès que sonne l’heure des hostilités, cette sympathique toile bat sérieusement de l’aile, la faute à une mise en scène inerte que même la robuste partition signée Michael Giacchino ne parvient à faire décoller. De quoi laisser sur le carreau les plus exigeants des spectateurs.

10 commentaires

  1. En dehors de l’aspect teen movie sympathique (mais néanmoins rabâché) et le méchant vraiment bon, je dois avouer m’être profondément ennuyé devant ce Homecoming, au point de l’avoir vite oublier. Je dois même avouer que le petit teaser du film d’animation avec Miles Morales en héros m’a plus intéressé que ce film tout entier. Un épisode de plus dans la série Marvel cinematic Universe, pardon films… 🙂

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  2. Il prend cher le pauvre Spidey avec toi. A sa décharge, à force de trilogies et de reboots, l’histoire on la connaît Parker. Pourtant, revenue dans son bain de jouvence, j’ai trouvé cette Araignée à mon goût, celui de mes lectures d’antan, légèrement imprégné de l’humour sitcom actuel (que l’on retrouve d’ailleurs dans « Thor : Ragnarok ») et qui sied bien à ce type de divertissement.
    Malgré la succession sempiternelle des produits Marvel, et quand bien même on en vient à crier que de cette fontaine on ne boira plus l’eau, la mayonnaise prend encore quand elle sait rester légère. Comme dirait l’autre, quand y en a qu’un (ou presque, dans le cas présent) ça va, c’est quand ils sont plusieurs qu’il commence à y a voir des problèmes. 😉

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    • Effectivement, l’histoire, on la connaît Parker (joli jeu de mot soit dit en passant), et les nouveaux tisserands à l’œuvre sur cet énième reboot se sont heureusement bien gardés de la repriser. Mais il est dommage que le couturier entre les mains desquelles la Marvel en a confié la direction ne possède pas l’étoffe d’un entertainer à la Brad Bird.

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  3. En soi, l’idée de faire un Spider-man avec un héros débarrassé de ses traumas originels était intéressante, et en soi une base idéale pour tisser un teen-movie un brin décalé… mais même de ce côté-là, c’est timoré. Il y’a en effet pas de quoi se scotcher au plafond 🙂

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  4. J’avais bien aimé. Et je ne me rappelle pas que les scènes d’action battaient si sérieusement de l’aile que ça. Bon pas de maestria de mise en scène, mais plutôt une certaine habileté avais-je trouvé et une capacité à se démarquer des autres épisodes (si nombreux).

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    • Concernant la mise en scène de l’action, elle relève pour moi du tout venant : le sens du spectaculaire y est absent (tout juste, le temps d’un plan, un sentiment de vertige), faisant en cela jeu égal avec les opus signés Marc Webb qui n’étaient déjà pas très brillants en la matière. Et comme tu l’écris, zéro maestria.

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