[Cinéma] Geostorm

La menace écologique gronde. Les relations diplomatiques se refroidissent. La faille séparant les plus riches des plus pauvres ne cesse de s’élargir. À la faveur de ces conditions politiques, sociétales et environnementales, Dean Devlin, producteur qui fit la pluie et le beau temps sur le genre catastrophe en finançant les tonitruants tableaux apocalyptiques signés Roland Emmerich, passe derrière la caméra pour mettre lui aussi la Terre sens dessus dessous. Cette fois, la cause de ce désordre est un dispositif satellitaire à l’origine conçu pour contrôler les perturbations climatiques mais qu’une série de dysfonctionnements l’amène à générer à divers points du globe des phénomènes météorologiques extrêmes. Une instabilité environnementale propice à la formation à l’échelle planétaire d’une géo-tempête dont l’avènement sonnerai définitivement le glas de l’espèce humaine. Missionné par le président des États-Unis, Jake Lawson, concepteur de l’appareil incriminé dont le tempérament volcanique le condamna à en être sèchement écarté au profit de son diplomate de frère avec lequel il est depuis en froid, est envoyé à bord de la Station spatiale internationale afin d’identifier le problème et reprendre le contrôle du système avant qu’il ne soit trop tard. Si dans le monde de Geostorm, pas grand mystère n’est fait du succès de la mission, éventé dès l’ouverture par l’identité de la voix-off, dans celui du spectateur, en revanche, le désastre aura bel et bien lieu, et nul doute que la tempétueuse genèse de l’œuvre n’y est pas totalement étrangère. Prévue initialement pour le printemps 2016, la sortie du film est reportée après une série de projections test catastrophiques. De peur de boire la tasse, la Warner lance alors un appel de détresse au réalisateur Danny Cannon (Judge Dredd, Souviens-toi… l’été dernier 2, c’est dire l’état de dénuement du studio… ) pour un renflouage d’urgence. Une opération de la dernière chance qui se révèle proprement inefficace, les structures narratives éculées et les théories scientifiques fantaisistes avancées par le récit condamnant le long métrage à gagner prestement le fond des abysses du cinéma de divertissement, tandis que Gerard Butler, inoxydable baromètre à nanar, et ses partenaires de luxe (Andy Garcia, Ed Harris, Alexandra Maria Lara, Jim Sturgess, Abbie Cornish) dérivent, regards éteints, à la surface de ce naufrage à cent-vingts millions de dollars duquel pas même les absurdes visions apocalyptiques qui la traversent ne surnagent.

5 commentaires

  1. Chouette article sur ce film dont je crois avoir vu la BA sans pouvoir totalement en être certain… curieux.
    Curieuse aussi cette fascination inoxydable des Américains pour les cataclysmes climatiques. Certes, ici, visiblement, on touche le fond, mais une étude du genre, de ses motivations en parallèle à la politique houleuse du gouvernement américain sur le sujet, reste à faire.
    PS : triste de voir Ed Harris et Abbie Cornish se noyer dans un tel fiasco. La Warner semble rincée en effet.

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  2. Un film catastrophe, dans tous les sens du terme, dirait-on. Il faudra que j’y jette un œil, par curiosité, quoique je doute d’y trouver quoi que ce soit à sauver du naufrage.
    Merci, joli billet !

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